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Conseils / Orthopédie

Douleur au poignet : où avez-vous mal, et qu'est-ce que ça veut dire ?

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 18/09/2026

« J'ai mal au poignet » : au comptoir, cette phrase recouvre au moins cinq situations très différentes, qui n'ont ni le même traitement ni le même degré d'urgence. La bonne question n'est donc pas « qu'est-ce que j'ai ? » mais « où exactement, et depuis quand ? ». Ce guide sert à trier : chaque situation vous renvoie vers la page qui la traite en détail. Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale.

Où avez-vous mal, exactement ?

Posez votre main à plat sur une table, paume vers le bas, et cherchez le point le plus douloureux avec un doigt de l'autre main. C'est le geste que nous faisons systématiquement en cabine, parce qu'il oriente presque à lui seul : une douleur du bord du pouce, du dessus du poignet ou du côté du petit doigt ne racontent pas la même histoire. Notez aussi trois choses : est-ce apparu d'un coup ou progressivement ? y a-t-il eu une chute ? est-ce que ça vous réveille la nuit ?

Les sections qui suivent reprennent les cas les plus fréquents, dans l'ordre où nous les voyons.

« J'ai mal au poignet gauche » : est-ce que ça peut être le cœur ?

Commençons par là, puisque c'est la vraie question derrière beaucoup de recherches. Une douleur qui ne concerne que le poignet, qu'on peut montrer du doigt, qui se réveille sur un mouvement précis et se calme au repos, est une douleur mécanique : elle vient des tendons, des os ou des nerfs du poignet, pas du cœur. Le côté gauche n'y change rien.

Ce qui doit faire appeler le 15, c'est un tableau différent : une douleur qui serre la poitrine comme un étau, brutale et intense, qui dure plus de cinq minutes sans céder au repos, et qui s'étend vers un bras, les deux bras, la mâchoire, le cou ou le dos — surtout si s'y ajoutent un essoufflement, des sueurs, des nausées, une pâleur, un malaise. Dans ce cas on appelle le 15 ou le 112, et on ne prend pas sa voiture pour aller aux urgences, on n'appelle pas d'abord son médecin traitant : cela retarde la prise en charge.

Une réserve importante, que l'Assurance Maladie souligne : chez la femme, chez la personne diabétique et chez la personne âgée, les signes sont souvent moins typiques — fatigue inhabituelle, essoufflement, angoisse, gêne diffuse dans le bras ou la mâchoire. Devant un malaise ou une sensation inhabituelle dans un bras, même sans douleur de poitrine franche, il ne faut pas hésiter à appeler le 15.

Douleur sur le bord du poignet, côté pouce

C'est la localisation la plus fréquente. Si la douleur siège sur le bord externe du poignet, du côté du pouce, et qu'elle se réveille quand vous saisissez, tordez ou écartez le pouce, elle évoque une ténosynovite de De Quervain — l'inflammation de la gaine des tendons du pouce. On la voit beaucoup chez les jeunes parents et dans les métiers à gestes répétés. Une confusion classique à ce niveau : l'arthrose de la base du pouce, qui touche à peu près la même zone mais n'a ni le même mécanisme ni la même orthèse.

Douleur sur le dessus du poignet, sans traumatisme

Une douleur diffuse sur le dessus du poignet, apparue progressivement, qui se réveille à l'appui ou quand vous relevez la main, oriente le plus souvent vers une tendinopathie — ce qu'on appelle couramment une tendinite. Le point commun de ces douleurs : elles sont mécaniques, elles se calment au repos et reviennent avec le geste responsable, et elles s'installent si on continue comme avant.

Si vous sentez une petite boule souple sous la peau, mobile, plus ou moins visible selon la position du poignet, ne cherchez pas à l'écraser : montrez-la à votre médecin, c'est lui qui dira de quoi il s'agit.

Fourmillements la nuit, main qu'on secoue au réveil

Si ce n'est pas vraiment une douleur mais un engourdissement — des fourmillements dans le pouce, l'index et le majeur, qui réveillent la nuit et obligent à secouer la main pour la « réveiller » —, la piste n'est pas tendineuse mais nerveuse : c'est le tableau du syndrome du canal carpien, une compression du nerf médian au poignet. C'est une situation qui ne se règle pas avec du repos seul et qui mérite un avis médical, d'autant qu'une perte de force qui s'installe ne se rattrape pas toujours.

Douleur apparue après une chute

Là, le raisonnement change complètement : toute douleur de poignet survenue après une chute sur la main doit faire éliminer une fracture avant de parler d'entorse. C'est particulièrement vrai pour le scaphoïde, un petit os du poignet dont la fracture peut passer inaperçue sur la première radiographie. Ne mettez pas ça sur le compte d'une « simple entorse » parce que vous arrivez encore à bouger la main : allez vous faire examiner.

Douleur du côté du petit doigt

Une douleur sur le bord interne du poignet, du côté de l'auriculaire, est plus difficile à rattacher : elle peut venir de l'articulation, d'un tendon ou d'un nerf. Un signe oriente franchement : si vous ressentez des fourmillements ou une perte de sensibilité dans l'annulaire et l'auriculaire, surtout la nuit ou quand le coude reste plié longtemps, c'est le nerf ulnaire qu'il faut regarder — et il se comprime le plus souvent au coude, pas au poignet. Dans tous les cas, cette localisation mérite un examen médical plutôt qu'une orthèse achetée au hasard.

Douleur de poignet en musculation ou au bureau

Deux causes fréquentes, deux corrections simples. À la salle, la douleur apparaît surtout sur les mouvements poignet cassé en arrière — développé couché, pompes, réception en appui. La parade tient souvent au réglage : garder le poignet dans l'axe de l'avant-bras, réduire la charge le temps que ça se calme, et travailler les mouvements qui ne réveillent pas la douleur plutôt que de « pousser à travers ».

Au bureau, c'est la position prolongée qui compte : avant-bras soutenus, poignets dans l'axe et non cassés vers le haut, souris à portée sans avoir à tendre le bras, pauses courtes et régulières. Une douleur de poignet liée au travail mérite d'être signalée au médecin du travail : le poste s'adapte, et certaines tendinopathies relèvent des tableaux de maladies professionnelles.

Ce que vous pouvez faire en attendant

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Quand consulter

Gauche ou droite : est-ce que le côté change quelque chose ?

Sur le plan mécanique, pas vraiment : ce qui compte, c'est la main dont vous vous servez le plus et les gestes que vous répétez. La main dominante encaisse davantage — c'est d'ailleurs presque toujours elle qui souffre dans les tendinopathies. À l'inverse, une douleur du côté non dominant surprend, et c'est souvent ce qui pousse à chercher une explication inquiétante.

Le bon réflexe n'est donc pas de raisonner par côté, mais par localisation et par circonstances : où exactement, depuis quand, après quel geste. C'est ce que nous regardons avec vous au comptoir — et c'est aussi ce qui permet de vous dire, sans détour, quand le poignet relève du médecin plutôt que d'une orthèse.

💡 Un poignet qui fait mal et vous ne savez pas par quel bout le prendre ? Passez nous voir : on regarde où se situe la douleur, on mesure et on essaie l'orthèse adaptée en cabine s'il en faut une — et on vous oriente vers le médecin quand c'est nécessaire. Pharmacie Vauban, 4 rue Tarade à Strasbourg, spécialiste orthopédie. 03 88 61 03 40.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 18 septembre 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale.

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