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Conseils / Orthopédie

Entorse du poignet après une chute : symptômes, attelle, temps de guérison

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 23/08/2026

Un pied qui glisse, une main tendue par réflexe, et tout le poids du corps qui arrive d'un coup sur le poignet : c'est le scénario type. Le poignet gonfle, la douleur s'installe, et la question tombe le soir même — est-ce grave, faut-il aller aux urgences, combien de temps ça va durer ? Voici ce qu'il faut savoir, avec une mise en garde importante au milieu : sur un poignet, « juste une entorse » est un diagnostic qui se vérifie. Ces informations ne remplacent pas une consultation.

Entorse du poignet : de quoi parle-t-on exactement ?

Une entorse, c'est une lésion des ligaments — ces cordages qui tiennent les os entre eux. Elle peut être bénigne, avec un simple étirement, ou grave, avec un ligament rompu. Le poignet a ceci de particulier qu'il compte huit petits os empilés en deux rangées, reliés par un réseau de ligaments très courts. Les lésions les plus fréquentes touchent le ligament scapho-lunaire, le ligament luno-triquétral, ou le ligament triangulaire — celui qui amortit le bord du poignet côté auriculaire.

Le mécanisme est presque toujours le même : une chute sur la main, ou un mouvement de torsion forcé. Les accidents à haute vitesse — moto, vélo, sports de glisse — donnent les lésions les plus sévères.

Les symptômes d'une entorse du poignet

La douleur apparaît au moment du traumatisme, puis revient dès que vous forcez ou que vous prenez appui. Le poignet gonfle, parfois avec un hématome. Vous pouvez ressentir des craquements ou de véritables sensations de blocage quand vous tournez la main. La force de préhension diminue : les objets ont tendance à échapper.

Ce qui doit vous alerter, c'est la persistance. Une gêne qui traîne des semaines après une chute, une douleur qui revient à chaque appui, un poignet qui « ne fonctionne plus pareil » : ce n'est pas une entorse qui met du temps, c'est une entorse qui n'a pas été prise en charge — et le risque, à terme, est une instabilité chronique puis de l'arthrose du poignet.

Entorse ou fracture ? Le piège du scaphoïde

C'est le point le plus important de ce guide, et celui qu'on répète le plus souvent au comptoir.

Après une chute sur la main paume à plat, poignet en extension, l'os qui casse le plus souvent parmi ceux du poignet s'appelle le scaphoïde : il représente à lui seul 60 % des fractures des os du carpe. Or sa fracture ressemble en tous points à une entorse — douleur modérée, gonflement discret, aucune déformation. Le seul signe qui la trahit, c'est la localisation : une douleur à la base du pouce, dans le petit creux qui se forme quand on écarte le pouce, ce que les médecins appellent la tabatière anatomique.

Et voici le vrai piège : quand la fracture n'est pas déplacée, la radiographie du premier jour peut être parfaitement normale. Un scanner est alors nécessaire pour trancher. Si personne ne cherche, la fracture passe inaperçue, l'os — mal vascularisé par nature — ne consolide pas, et l'on se retrouve des mois plus tard avec une pseudarthrose, une nécrose du fragment, puis une arthrose et des douleurs chroniques. Le tabagisme actif est le principal facteur qui aggrave ce risque de non-consolidation.

Le message à retenir : si vous avez mal à la base du pouce après une chute, dites-le explicitement au médecin, et ne vous contentez pas d'une radio normale si la douleur persiste au-delà de quelques jours. Une réévaluation, ce n'est pas de l'excès de prudence.

Autre chose : la radiographie standard, de la même façon, ne montre pas les ligaments. Elle sert d'abord à éliminer une fracture. Pour affirmer une lésion ligamentaire, l'examen de référence est l'IRM ou l'arthroscanner du poignet.

Que faire dans les 48 premières heures

Les repères que l'Assurance Maladie donne pour l'entorse tiennent en quatre lettres — GREC — et se transposent directement au poignet :

Pour la douleur, le paracétamol est le premier réflexe en automédication, en respectant la dose et l'espacement indiqués sur la boîte. Les anti-inflammatoires ont leur place, mais pas en automatique : ils ont de vraies contre-indications — demandez conseil à votre pharmacien avant d'en prendre.

Et surtout : après une chute avec gonflement, prévoyez une consultation dans les 24 heures. C'est elle qui décide de la radio.

Filez aux urgences si…

L'attelle : à quoi elle sert, et combien de temps la porter

Dès la phase initiale — avant même que le diagnostic soit posé — immobiliser le poignet avec une attelle calme la douleur et limite le gonflement. C'est utile, simple, et sans risque.

Mais il y a une nuance que beaucoup de gens ignorent, et elle compte : tant qu'aucune rupture ligamentaire n'est confirmée, cette immobilisation ne doit pas se prolonger, sous peine d'enraidir le poignet. Un poignet trop longtemps bloqué « au cas où » devient un poignet raide, et l'on échange un problème contre un autre. Autrement dit : l'attelle en attendant l'avis médical, oui ; l'attelle pendant six semaines décidée tout seul, non.

Si en revanche une rupture ligamentaire récente est confirmée — moins de trois semaines après l'accident —, l'immobilisation est cette fois d'environ six semaines, sur prescription et avec un protocole précis. Et si la lésion est ancienne ou instable, c'est la chirurgie, souvent sous arthroscopie, qui est proposée.

Quel modèle ? Cela dépend de ce qui est atteint et de ce que votre médecin a prescrit : attelle d'immobilisation avec éclisse pour la mise au repos, maintien plus souple pour accompagner la reprise. C'est l'objet de notre guide dédié à l'attelle de poignet, et de l'essayage en cabine à l'officine — le tour de poignet se mesure, il ne se devine pas.

Entorse du poignet : combien de temps pour guérir ?

C'est la question qui revient le plus, et la réponse déçoit souvent : un ligament cicatrise en six semaines environ, et la reprise des activités en force demande plutôt trois mois. Une entorse bénigne se remet évidemment plus vite, mais la logique reste la même — la douleur s'éteint bien avant que le ligament soit solide, et c'est précisément dans cet intervalle que se produisent les récidives.

Des séances de kinésithérapie sont fréquemment nécessaires pour récupérer les amplitudes et la force, surtout après une immobilisation.

Pour situer l'autre scénario : une fracture du scaphoïde traitée sans chirurgie demande deux à trois mois d'immobilisation et environ trois mois de consolidation. À titre indicatif, les durées de référence d'arrêt de travail publiées par l'Assurance Maladie pour cette fracture vont de 7 jours pour un travail sédentaire à 90 jours pour un travail physique lourd — c'est votre médecin qui adapte, mais cela donne l'échelle. Ce n'est pas la même histoire qu'une entorse bénigne, d'où l'importance d'avoir tranché au départ.

Quand consulter

Notre rôle à nous, en pharmacie : vous dépanner tout de suite en froid, en contention légère et en attelle, vérifier la taille, et vous dire franchement quand il faut aller voir un médecin plutôt que d'attendre. Sur un poignet traumatisé, attendre coûte cher.

Pour les premiers gestes :
💡 Poignet gonflé après une chute ? Passez nous voir : nous vous dépannons en froid et en attelle, nous vérifions la taille en cabine, et nous vous disons sans détour s'il faut consulter. Pharmacie Vauban, 4 rue Tarade à Strasbourg, spécialiste orthopédie — 03 88 61 03 40.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 22 août 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale.

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