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Eczéma atopique de l'enfant : soigner la peau au quotidien quand le froid arrive
Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 06/10/2026
Plaques rouges sur les joues, plis du coude qui grattent, nuits agitées : l'eczéma atopique, aussi appelé dermatite atopique, touche un enfant sur cinq à un sur dix. Il commence souvent dès les premiers mois de vie et revient par poussées, avec des périodes calmes entre les deux. Avec le froid, l'air sec et le chauffage, la peau se dessèche et les poussées sont plus fréquentes. Voici ce qui aide vraiment, au quotidien.
Ce qu'est l'eczéma atopique, et ce qu'il n'est pas
C'est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle apparaît plus souvent quand un parent, un frère ou une sœur a eu de l'eczéma, de l'asthme ou une rhinite allergique. La peau atopique manque de graisses et laisse mal passer l'eau dans le bon sens : elle se dessèche, s'irrite et réagit aux agressions extérieures. Ce n'est pas contagieux, et ce n'est pas un manque d'hygiène. Bonne nouvelle : chez environ 7 enfants sur 10, il disparaît avant l'adolescence.
Chez le bébé, les plaques touchent surtout les joues, le front, le menton, le cou et le derrière des oreilles. Le nez et les fesses sont en général épargnés. Ensuite, l'eczéma se loge plutôt dans les plis (coudes, genoux, cou). Le diagnostic se fait par le médecin, à l'examen de la peau : aucune prise de sang ni aucun test n'est utile dans la grande majorité des cas.
La toilette : moins, mais mieux
Le bon réflexe n'est pas de laver plus, mais de laver plus doucement.
Une seule douche par jour à l'eau tiède, ou un bain tiède et court. Un nettoyant sans savon (pain dermatologique, gel ou huile lavante pour peau atopique), sans parfum. Rien dans l'eau du bain : ni bain moussant, ni huile essentielle. On sèche en tamponnant avec une serviette douce, sans frotter.




L'émollient : tous les jours, même quand tout va bien
L'émollient (crème, lait ou baume pour peau très sèche) est le geste de fond. Il reconstitue la barrière de la peau et espace les poussées. On l'applique sur tout le corps, une à deux fois par jour, juste après la toilette, sur une peau encore légèrement humide. Il ne s'arrête pas quand la peau va mieux : c'est justement là qu'il protège le plus. Par temps froid et sec, on peut en remettre plus souvent.
Pendant une poussée, on évite de le mettre sur les plaques les plus rouges et inflammées : on les traite d'abord avec la crème prescrite par le médecin, et on continue l'émollient partout ailleurs.
Toutes les crèmes ne conviennent pas à toutes les peaux. Si votre enfant se plaint de brûlures, de picotements ou si les rougeurs augmentent après l'application, arrêtez le produit et parlez-en au pharmacien : il existe d'autres formules.

En poussée : la crème prescrite, sans en avoir peur
Pour calmer une poussée, le médecin prescrit le plus souvent une crème ou une pommade à base de corticoïde, à appliquer une fois par jour sur les plaques seulement. Une couche fine suffit, inutile de masser. On continue jusqu'à ce que les plaques aient complètement disparu, ce qui prend souvent une à trois semaines, puis on arrête et on garde l'émollient.
Beaucoup de parents hésitent à en mettre, par crainte des effets indésirables. Pourtant, l'Assurance Maladie le rappelle : ces effets sont rares et liés à des traitements trop forts et trop longs, alors que les échecs viennent le plus souvent d'une crème pas assez utilisée. Arrêter trop tôt, c'est souvent voir la poussée revenir. Un bon repère : notez le nombre de tubes utilisés entre deux rendez-vous, cela aide le médecin à suivre l'évolution. Et si vous avez un doute sur la quantité ou la durée, demandez-nous : c'est exactement notre rôle.
Les petits gestes qui changent tout
Des vêtements en coton au contact de la peau (la laine et les fibres synthétiques grattent). Un linge bien rincé, sans assouplissant parfumé. Une chambre aérée et pas surchauffée. Pas de tabac à la maison. Des ongles coupés court pour limiter les lésions de grattage. Et pas de changement d'alimentation sans avis médical : sans allergie alimentaire repérée par le médecin, supprimer des aliments n'aide pas l'eczéma.
L'eczéma n'empêche ni la piscine en dehors des poussées (bien rincer à l'eau douce puis appliquer l'émollient avant de se rhabiller), ni les vaccins : le calendrier vaccinal reste le même. Le médecin peut seulement décaler une injection en cas de forte poussée.
Attention au bouton de fièvre d'un proche
Le virus de l'herpès, celui du bouton de fièvre, peut provoquer une infection grave chez un enfant qui a de l'eczéma en poussée. Si vous ou un proche avez un bouton de fièvre, évitez les bisous et ne partagez pas les couverts ni les verres avec l'enfant.
Quand consulter
Prenez rendez-vous chez le pédiatre ou le médecin traitant si des plaques d'eczéma apparaissent pour la première fois chez votre bébé ou votre enfant.
Consultez rapidement si les plaques changent d'aspect malgré le traitement (pustules, croûtes jaunâtres inhabituelles), si votre enfant a de la fièvre, semble fatigué ou abattu, si son eczéma s'aggrave brutalement, si votre bébé ne prend pas de poids, si les démangeaisons l'empêchent de dormir, ou s'il présente aussi des signes d'asthme, une rhinite ou une conjonctivite allergique.