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Médicaments et soleil : quand votre traitement rend la peau plus sensible
Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 27/07/2026
Chaque été, nous voyons au comptoir des « coups de soleil » qui n'en sont pas vraiment : une rougeur très marquée, douloureuse, apparue après une exposition banale — parfois même à l'ombre ou par temps couvert. En cause, un traitement en cours ou un produit appliqué sur la peau qui la rend plus sensible aux rayons ultraviolets. C'est ce qu'on appelle la photosensibilisation. Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical.
Photosensibilisation : de quoi parle-t-on ?
Deux mécanismes différents peuvent être en jeu. La phototoxicité est liée aux propriétés chimiques du produit : elle se manifeste en quelques heures par une rougeur cutanée douloureuse, comparable à un coup de soleil violent, sur les zones exposées. Sa sévérité dépend à la fois de l'intensité de l'exposition et de la quantité de produit reçue, et elle régresse en général à l'arrêt du produit ou de l'exposition. La photo-allergie, elle, est une réaction de type allergique : elle ne concerne que les personnes qui se sont préalablement sensibilisées au produit, elle peut déborder les zones exposées et sa guérison est beaucoup plus lente. Dans les deux cas, une exposition très faible suffit à déclencher la réaction.
Sur la peau ou par voie générale : deux situations
Quand le produit est appliqué localement (crème, pommade, gel), on parle de photosensibilisation de contact : la réaction se limite aux zones d'application. Quand le médicament est pris par voie orale ou injectable, la photosensibilisation est dite systémique : la réaction peut alors survenir sur toutes les zones exposées au soleil. L'intensité de la réaction dépend de l'exposition, du médicament, de la dose et du phototype de la personne — autrement dit, deux personnes sous le même traitement ne réagiront pas forcément pareil.
Quels traitements et quels produits sont concernés ?
La liste est plus large qu'on ne l'imagine. L'Assurance Maladie cite parmi les médicaments en cause certains antibiotiques, certains anti-inflammatoires, certains médicaments contre les troubles du rythme cardiaque et certains traitements contre l'acné. Et il n'y a pas que les médicaments : des parfums, des crèmes, des déodorants, des huiles essentielles, des goudrons et leurs dérivés, ainsi que certaines plantes peuvent aussi être en cause. Côté végétal, l'ANSES rappelle que le persil, le fenouil, l'aneth, l'angélique, le figuier, le citronnier et les autres agrumes contiennent des furocoumarines, qui deviennent toxiques pour la peau sous l'effet des ultraviolets — d'où les réactions après avoir manipulé ces plantes ou pressé un citron au soleil.
Le réflexe simple : lire la notice de votre traitement, et nous demander. C'est exactement le rôle du pharmacien que de repérer ces interactions sur une ordonnance. En revanche, ne modifiez et n'arrêtez jamais un traitement de vous-même : la conduite à tenir se décide avec votre médecin ou avec nous.
Les bons réflexes si votre traitement vous rend sensible au soleil
Le premier conseil des autorités sanitaires est aussi le plus efficace : éviter l'exposition au soleil pendant toute la durée du traitement, et encore après son arrêt — un produit peut rester présent dans l'organisme ou sur la peau plusieurs jours. Protégez les zones traitées avec des vêtements couvrants, un chapeau à bords larges et des lunettes de soleil, restez à l'ombre, et évitez les heures les plus ensoleillées. La protection solaire de très haute protection vient compléter ces mesures, jamais les remplacer : elle s'applique généreusement et se renouvelle toutes les deux heures, ainsi qu'après chaque baignade ou transpiration. Les cabines de bronzage sont à proscrire dans cette situation. Pensez aussi aux zones qu'on oublie — lèvres, oreilles, dos des mains, décolleté.
Deux pièges classiques de l'été : le ciel voilé, qui laisse passer les ultraviolets, et la réverbération sur l'eau, le sable ou la terrasse claire, qui augmente la dose reçue même à l'ombre d'un parasol.
Une réaction est apparue : que faire ?
Mettez-vous immédiatement à l'abri du soleil et protégez la zone. Refroidissez la peau à l'eau tiède, hydratez-la avec un soin apaisant, et évitez de percer d'éventuelles cloques. Demandez un avis médical sans attendre si la réaction est étendue, très douloureuse, accompagnée de cloques, de fièvre ou d'un malaise, si elle touche le visage, ou si elle survient chez un nourrisson, un jeune enfant ou une personne fragile. Signalez toujours la réaction à votre médecin ou à votre pharmacien : elle peut changer la façon de conduire votre traitement, et elle mérite d'être notée dans votre dossier — mais, là encore, l'arrêt éventuel du médicament se décide avec un professionnel de santé, jamais seul.
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Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 27 juillet 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation.


