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Conseils / Soin de la peau

SPF, UVA, quantité : comprendre sa crème solaire et bien l'appliquer

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 13/08/2026

Un tube de crème solaire porte une quantité impressionnante d'informations : un chiffre, parfois un « + », un logo rond, la mention « résistant à l'eau », une liste de filtres. Peu de gens savent ce que tout cela veut dire — et surtout, la plupart des crèmes correctement choisies protègent mal, simplement parce qu'on n'en met pas assez. Voici le mode d'emploi. Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical.

UVA, UVB : deux rayons, deux effets

Le soleil nous envoie deux types d'ultraviolets qui n'agissent pas de la même façon. Les UVB sont les principaux responsables du coup de soleil : ce sont eux qui font rougir. Les UVA, eux, pénètrent plus profondément dans la peau et participent à son vieillissement. Ils sont présents toute l'année et traversent les nuages, ce qui explique qu'on puisse abîmer sa peau lors d'une journée grise sans jamais avoir rougi. Une protection sérieuse doit couvrir les deux — et ce sont deux informations distinctes sur l'emballage.

SPF : ce que le chiffre mesure vraiment

Le SPF — facteur de protection solaire, FPS en français — évalue la capacité du produit à retarder l'agression des UVB. Techniquement, c'est un rapport : la dose de soleil qu'il faut pour faire rougir une peau protégée, comparée à celle qui suffit sur la même peau sans protection.

Retenez-en deux choses. D'abord, le SPF ne parle que des coups de soleil : il ne dit rien de la protection contre les UVA. Ensuite, et c'est le point le plus important, ce chiffre est obtenu en laboratoire avec une quantité de produit bien précise — nous y revenons plus bas, car c'est là que tout se joue.

Pourquoi il n'existe pas d'« écran total »

Vous ne trouverez plus cette mention sur un tube, et c'est volontaire : elle est trompeuse. Aucun produit ne bloque la totalité du rayonnement. L'Institut national du cancer le formule sans détour : même une crème indice 50 ne filtre pas 100 % des UV. Une crème solaire réduit fortement l'agression, elle ne la supprime pas — et c'est pour cela qu'elle ne peut pas être votre seule protection.

Le logo UVA dans un cercle

Sur de nombreux tubes, les lettres « UVA » apparaissent entourées d'un cercle. Ce pictogramme signale que la protection contre les UVA respecte la recommandation européenne du 22 septembre 2006, qui impose un niveau de protection UVA proportionnel à l'indice affiché. Une nuance utile à connaître : ce logo est recommandé, pas obligatoire. Son absence ne signifie donc pas automatiquement que le produit ne protège pas des UVA — mais sa présence est un repère commode. Dans le doute, montrez-nous le tube.

Les quatre catégories de protection

Les indices ne sont pas libres : ils se répartissent en quatre familles réglementées. Protection faible pour les indices 6 et 10 ; protection moyenne pour 15, 20 et 25 ; protection haute pour 30 et 50 ; protection très haute pour 50+. C'est pour cette raison qu'on ne voit jamais d'indice 37 ou 45 : les valeurs intermédiaires n'existent pas dans l'affichage.

Filtres minéraux, filtres organiques : quelle différence ?

Une trentaine de filtres ultraviolets sont autorisés dans l'Union européenne, répartis en deux familles. Les filtres organiques, parfois appelés filtres chimiques, agissent en absorbant le rayonnement. Les filtres inorganiques, dits minéraux — principalement le dioxyde de titane et l'oxyde de zinc — agissent en réfléchissant et en dispersant les rayons.

Concrètement, pour l'utilisateur, la différence se joue surtout sur la texture et la tolérance : les formules minérales laissent plus souvent un voile blanc mais conviennent bien aux peaux réactives, les formules organiques sont généralement plus fluides et plus invisibles. Beaucoup de produits combinent les deux. Le meilleur filtre reste celui que vous accepterez d'étaler en quantité suffisante, tous les jours — venez nous voir pour essayer les textures.

« Résistant à l'eau » : ce que la mention veut dire

Elle signifie que le produit conserve une partie de son efficacité après une baignade, pas qu'il devient permanent. L'Assurance Maladie est claire : il faut remettre de la crème après la baignade même s'il s'agit d'une crème dite résistante à l'eau, ainsi qu'après une activité physique intense ou une transpiration abondante. Ajoutons un détail que l'on oublie toujours : se sécher avec une serviette en retire une bonne partie, quelle que soit la mention.

La quantité : le point où tout se joue

Voici le message le plus utile de ce guide. L'indice inscrit sur le tube est mesuré avec une quantité de produit standardisée. Or l'Anses le constate noir sur blanc : les quantités réellement appliquées par les utilisateurs sont en moyenne inférieures à celles nécessaires pour atteindre le niveau de protection annoncé. Autrement dit, un SPF 50 étalé en couche fine ne vous protège pas comme un SPF 50. Le problème n'est presque jamais le produit — c'est la dose.

Le repère recommandé par l'Anses est facile à retenir : environ six cuillères à café, soit à peu près 36 grammes, pour couvrir le corps entier d'un adulte de corpulence moyenne. Une bonne façon de le vérifier chez soi : un flacon de 200 ml ne représente que cinq à six applications complètes, pour une seule personne. Si votre tube de l'été dure toute la saison à plusieurs, la quantité appliquée est très probablement insuffisante.

Le mode d'emploi, en cinq gestes

Premier geste : appliquer une couche épaisse trente minutes avant de sortir, pas une fois installé sur la plage. Deuxième geste : n'oublier aucune zone — les oreilles, les tempes, la nuque, le dos des mains et le dessus des pieds sont celles que nous voyons brûlées au comptoir, avec le cuir chevelu chez les personnes aux cheveux fins. Troisième geste : traiter les lèvres, le nez et le contour des yeux avec un stick, bien plus facile à réappliquer qu'une crème. Quatrième geste : renouveler toutes les deux heures, sans exception. Cinquième geste : renouveler aussi après chaque baignade, chaque effort et chaque essuyage.

Ce qu'une crème solaire ne fera jamais

Elle ne vous autorise pas à rester plus longtemps au soleil. L'Assurance Maladie l'écrit noir sur blanc : un produit à protection haute ou très haute ne permet pas une exposition plus longue, et la crème n'est qu'un complément aux autres mesures. C'est sans doute le contresens le plus fréquent — on monte l'indice pour s'exposer davantage, alors que l'indice sert à mieux protéger le même temps d'exposition.

L'ordre des priorités, selon l'Institut national du cancer, est donc le suivant : éviter le soleil ou se mettre à l'ombre ; décaler ses activités hors des heures les plus intenses, entre 12 h et 16 h en France métropolitaine ; se couvrir avec des vêtements longs et amples, des lunettes filtrantes et un chapeau à larges bords, qui arrête à lui seul environ 70 % des ultraviolets ; puis seulement appliquer la crème sur ce qui reste découvert.

Deux idées reçues pour finir. Le bronzage n'est pas une protection : une peau bronzée reste une peau exposée. Et les autobronzants comme les compléments alimentaires présentés comme des « préparateurs solaires » n'apportent aucune protection contre les ultraviolets — ils ne remplacent ni la crème, ni l'ombre, ni les vêtements. Enfin, rappelons que les nourrissons ne doivent jamais être exposés au soleil, et qu'avant trois ans on évite l'exposition : à cet âge, la réponse n'est pas une crème plus forte, c'est l'ombre.

Le tube de l'an dernier est-il encore bon ?

Regardez le petit pot ouvert dessiné sur l'emballage, suivi d'un nombre de mois : c'est la période après ouverture, obligatoire pour les produits dont la durée de conservation dépasse trente mois. Les autres portent une date de durabilité minimale. Au-delà, l'efficacité des filtres n'est plus garantie. Et indépendamment de ces dates, un flacon qui a passé l'été dans une voiture ou en plein soleil, ou dont la texture, la couleur ou l'odeur ont changé, se remplace sans hésiter : la protection annoncée ne vaut que pour un produit intact.

Nos protections solaires :
💡 Peau sensible ou réactive, allergie au soleil, traitement en cours, enfant en bas âge : passez nous voir avec votre ordonnance ou votre tube, on regarde ensemble l'indice, le filtre et la texture qui conviennent. Un grain de beauté ou une lésion qui se modifie relève du médecin ou du dermatologue, sans attendre. Retrait gratuit, 4 rue Tarade à Strasbourg — 03 88 61 03 40.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 13 août 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale.

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