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Conseils / Soin de la peau

Après l'été : réparer sa peau et surveiller ses grains de beauté

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 13/08/2026

La rentrée approche et, avec elle, le moment où l'on range les crèmes solaires. C'est justement celui où il faut regarder sa peau. Deux mois d'exposition viennent de passer : la peau tiraille, elle pèle par endroits, et surtout les grains de beauté sont encore bien visibles sur une peau bronzée. Voici ce que nous conseillons au comptoir à cette période de l'année — d'abord la surveillance, ensuite les soins. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation médicale.

Pourquoi la fin de l'été est le bon moment

Trois raisons très simples. On vient de s'exposer, donc les éventuels changements sont récents. On se déshabille encore facilement, ce qui rend l'examen du corps entier moins fastidieux qu'en plein hiver. Et l'on est plus attentif à sa peau qu'à n'importe quel autre moment de l'année. Autant en profiter : l'auto-examen de la peau est recommandé une fois tous les trois mois chez les personnes qui présentent un facteur de risque, et la fin d'été est un rendez-vous facile à retenir.

L'auto-examen : quinze minutes, deux miroirs

L'Assurance Maladie décrit une méthode en trois temps, dans une pièce bien éclairée, entièrement déshabillé, avec un miroir sur pied et un miroir à main. Premier temps, à l'œil nu : paumes des mains, plantes des pieds, ongles, doigts et espaces entre les doigts, bras et avant-bras, cuisses et jambes. Deuxième temps, devant le miroir en pied : on examine la peau de haut en bas, méthodiquement, sans sauter de zone. Troisième temps, avec le miroir à main : tout ce que l'on ne voit pas directement — face postérieure des bras, arrière des mollets et des cuisses, nuque, dos, cuir chevelu, région génitale.

Les zones que l'on oublie systématiquement sont le cuir chevelu, la nuque, les oreilles, le dessous des ongles, la plante des pieds et les espaces entre les orteils. Pour le dos et le cuir chevelu, le plus simple reste de demander à un proche : c'est cinq minutes, et c'est la partie du corps que l'on ne surveille jamais seul.

La règle ABCDE : cinq signes à connaître

Cinq critères aident à repérer un grain de beauté qui mérite un avis. A comme Asymétrie : il n'est ni rond ni ovale, ses reliefs ne se répartissent pas régulièrement autour du centre. B comme Bords : ils sont irréguliers et mal délimités. C comme Couleur : il présente plusieurs couleurs — noir, bleu, marron, rouge ou blanc. D comme Diamètre : il mesure plus de six millimètres. E comme Évolution : il grossit, change d'épaisseur ou de couleur.

Un point important, que nous répétons souvent : la présence d'un ou de plusieurs de ces signes ne veut pas dire que l'on a un mélanome. Cela veut dire qu'il faut demander un avis médical sans attendre — ni s'affoler, ni laisser traîner.

Le signe du « vilain petit canard »

C'est le repère le plus utile, et le plus facile à retenir. Chez une même personne, les grains de beauté se ressemblent : ils forment une famille. Celui qui détonne — plus foncé, plus grand, d'une autre forme que tous les autres — est celui qui doit attirer l'attention, même s'il ne coche aucune case de la règle ABCDE. Un grain de beauté qui change d'aspect rapidement dans sa forme, sa taille, sa couleur ou son épaisseur relève de la même logique.

Êtes-vous plus concerné que la moyenne ?

L'exposition aux rayons ultraviolets, naturels comme artificiels — les cabines de bronzage en font partie — est le facteur de risque le mieux établi. S'y ajoutent une peau très claire qui ne bronze pas et brûle systématiquement, la présence de plus de cinquante grains de beauté, des antécédents personnels ou familiaux de mélanome, des expositions solaires importantes avec des coups de soleil pendant l'enfance, et l'immunodépression.

Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs de ces éléments, parlez-en à votre médecin traitant : il évalue votre niveau de risque et peut recommander une surveillance par un dermatologue au moins une fois par an. L'auto-examen tous les trois mois vient en complément de ce suivi — il ne le remplace pas.

Et pour la peau, après deux mois de soleil ?

Disons-le franchement : aucun soin cosmétique ne répare les dommages causés en profondeur par les ultraviolets, et aucun ne dispense de la surveillance décrite plus haut. Ce que les soins font, en revanche, c'est apporter du confort à une peau desséchée par le soleil, le sel, le chlore et le vent — et ce n'est pas rien.

Quelques gestes simples. Douches tièdes plutôt que chaudes, et savon surgras ou huile lavante plutôt que gel moussant classique. Application d'un lait ou d'un baume hydratant sur peau encore humide, tous les jours pendant deux à trois semaines : c'est la régularité qui compte, pas le prix du flacon. Si la peau pèle, on n'arrache rien : on laisse faire et on hydrate, la desquamation se règle seule en quelques jours. Les laits après-soleil apportent fraîcheur et hydratation dans les jours qui suivent l'exposition ; passé cette période, un soin hydratant corps classique fait aussi bien. Enfin, un bronzage n'est pas une protection : la crème solaire reste utile en septembre, en montagne comme sur l'eau.

À la pharmacie :
💡 Un doute sur une tache, un grain de beauté qui a changé cet été, une lésion qui ne cicatrise pas : ne restez pas avec la question, consultez votre médecin traitant ou un dermatologue sans attendre. Nous ne posons pas de diagnostic à l'officine, mais nous pouvons vous aider à savoir quoi regarder et vers qui vous orienter. Pour les soins hydratants et après-soleil, passez nous voir : on adapte au type de peau. Questions : 03 88 61 03 40.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 13 août 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale et ne permet pas de poser un diagnostic.

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