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Conseils / Orthopédie

Pieds plats : chez l'enfant, chez l'adulte — quand faut-il s'en occuper ?

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 28/08/2026

« On m'a dit que mon fils a les pieds plats, il lui faut des semelles. » La phrase revient chaque semaine au comptoir. Chez l'adulte, elle prend une autre forme : « mon pied s'écrase, je fatigue vite en fin de journée. » Dans les deux cas, la même règle décide, et elle tient en une ligne : ce sont la douleur et la gêne qui commandent, pas la forme du pied.

C'est quoi, un pied plat ?

La voûte plantaire, c'est la cambrure sous le bord interne du pied. On parle de pied plat quand elle s'affaisse : le pied pose au sol une surface plus large que la normale. L'affaissement s'accompagne souvent d'un talon qui bascule vers l'extérieur (le valgus) et d'un avant-pied qui s'ouvre vers le dehors.

Le point essentiel, et il est écrit noir sur blanc dans la fiche patient des chirurgiens du pied : le pied plat est d'abord une morphologie, une façon d'être fait. Il ne devient une pathologie que lorsqu'il s'accompagne de douleurs. Avoir les pieds plats et n'avoir mal nulle part, ce n'est pas être malade.

Comment savoir si on a les pieds plats ?

Un examen clinique cherche ensuite une chose que le miroir ne dit pas : le pied est-il souple, c'est-à-dire l'affaissement se réduit-il, ou bien est-il raide ? C'est cette distinction qui oriente toute la suite, et elle appartient au médecin ou au pédicure-podologue. Ce que vous constatez chez vous dit seulement s'il y a lieu d'en parler.

Pied plat chez l'enfant : faut-il s'inquiéter ?

Presque jamais. Tous les enfants naissent avec une voûte plantaire encore « cachée », qui se creuse au fil de la croissance : à l'âge préscolaire, près d'un enfant sur deux a les pieds plats. La Société française d'orthopédie pédiatrique rappelle qu'en l'absence de douleur et de gêne fonctionnelle, beaucoup d'auteurs y voient une simple variante anatomique normale. Le système musculaire et ligamentaire se renforce avec l'âge, et un grand nombre de ces pieds se corrigent tout seuls.

L'Assurance Maladie en tire la conséquence directe : les semelles orthopédiques ne sont pas prises en charge pour les troubles statiques asymptomatiques, qu'elle décrit elle-même comme particulièrement fréquents chez l'enfant, faute de rôle préventif démontré. Autrement dit : on n'achète pas de semelles « en prévention » pour un enfant qui n'a mal nulle part. Et aucune semelle avant que l'enfant ait acquis la marche.

Chez l'enfant, qu'est-ce qui doit quand même faire consulter ?

Pied plat chez l'adulte : pourquoi la voûte s'affaisse

Certains adultes ont toujours eu les pieds plats depuis l'enfance. D'autres les voient apparaître, et c'est cette situation-là qui mérite attention. Les causes recensées par les chirurgiens du pied sont les suites d'un traumatisme (fracture, entorse), une origine neurologique, un terrain métabolique — diabète, surpoids — et, le plus souvent, une évolution dégénérative de type arthrose.

Sur le plan mécanique, un tendon joue le rôle central : le tendon tibial postérieur, décrit comme la véritable clef de voûte de l'arche interne. Quand l'arche s'affaisse, il se distend et souffre — tendinite, puis ténosynovite, et rupture dans les formes les plus évoluées. Le ligament calcanéo-naviculaire, qui soutient la voûte par en dessous, se relâche au même rythme.

Pied plat adulte : quels signes doivent alerter ?

Ne laissez pas traîner : la fiche patient des chirurgiens du pied est claire sur l'évolution spontanée. Sans prise en charge, la douleur et la gêne à la marche et au chaussage persistent et s'amplifient, la souffrance tendineuse peut aller jusqu'à la rupture, et la cheville peut évoluer vers une arthrose douloureuse. Un pied plat douloureux chez l'adulte ne se « surveille » pas indéfiniment : il se montre.

Faut-il une semelle quand on a les pieds plats ?

La réponse honnête tient en une phrase : ça dépend du symptôme, pas de la forme du pied. Trois situations, trois réponses différentes.

Quelle semelle pour un pied plat en pharmacie, et laquelle est remboursée ?

Deux mondes à ne pas confondre. Les orthèses plantaires sur mesure sont façonnées d'après l'empreinte de votre pied, sur prescription du médecin ou, depuis 2023, du pédicure-podologue. L'Assurance Maladie les rembourse à 60 % d'une base modeste, fixée selon la pointure (25,88 € en dessous du 28, 28,04 € du 28 au 37, 28,86 € au-delà), à raison d'une paire par an à partir de 16 ans et d'une paire tous les six mois avant. Le reste à charge est souvent pris par la complémentaire.

Un point que beaucoup de patients ignorent : vous n'êtes pas obligé d'aller ailleurs pour ça. Une pharmacie peut réaliser des orthèses plantaires sur mesure, et c'est ce que nous faisons — notre équipe est titulaire du diplôme universitaire d'orthopédie. Nous examinons vos appuis au podoscope, prenons vos mesures et vos empreintes à l'officine, puis assurons l'essayage et l'entretien de vos semelles dans la durée ; la fabrication est confiée à un orthopédiste-orthésiste. Le détail du déroulé est sur notre page dédiée.

Les semelles de série vendues en pharmacie, elles, ne sont pas remboursées — l'Assurance Maladie les exclut explicitement de la prise en charge, au même titre que les semelles dites proprioceptives. Elles coûtent entre 15 et 40 € et répondent à un besoin de confort : amorti, soutien de l'appui, adaptation au type de chaussure. C'est souvent le bon premier essai quand la gêne est modérée et récente, avant d'engager un parcours sur mesure.

Un conseil de comptoir qui évite bien des achats inutiles : la semelle doit correspondre à la chaussure dans laquelle elle va vivre. Une semelle prévue pour une chaussure de ville ne tient pas dans une basket de course, et l'inverse est vrai aussi.

Ce qui aide aussi, sans acheter de semelle

Quand consulter

Le médecin traitant et le pédicure-podologue sont les bons interlocuteurs en première intention pour le diagnostic et la prescription ; nous prenons ensuite le relais pour les semelles elles-mêmes. L'avis du chirurgien orthopédiste ne vient qu'après, et pour une minorité de cas. Pour une douleur passagère, le paracétamol reste l'antalgique de premier recours en automédication, en respectant la dose et la durée indiquées sur la notice. Les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène ne conviennent pas à tout le monde : demandez-nous conseil avant d'en prendre.

💡 Venez avec vos chaussures habituelles : l'usure de la semelle et du talon raconte beaucoup de choses sur vos appuis, et nous vérifions ensemble que la semelle s'y loge sans serrer. Conseil gratuit au comptoir ou au 03 88 61 03 40.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 28 août 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale.

Une question ? Appelez-nous au 03 88 61 03 40 — le conseil est gratuit. Retrouvez aussi nos produits dans l'espace orthopédie.
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