Connexion

Conseils / Matériel médical

Chutes après 65 ans : bien utiliser sa canne et sécuriser son domicile

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 01/10/2026

Après 65 ans, une personne sur trois tombe au moins une fois dans l'année, selon l'Assurance Maladie. Une chute n'est jamais anodine à cet âge : fracture du poignet ou du col du fémur, temps passé au sol, puis peur de retomber qui pousse à moins bouger… et à perdre encore en équilibre. La bonne nouvelle, c'est que la plupart des facteurs de risque se corrigent. À l'officine, nous voyons chaque semaine des cannes mal réglées, tenues du mauvais côté ou simplement portées « au cas où ». Voici ce qui fait réellement la différence.

La canne : un vrai appui, pas un porte-bonheur

C'est le point le plus méconnu : une canne qu'on tient sans s'appuyer dessus ne protège pas, elle peut même faire tomber. L'Assurance Maladie le dit sans détour : si elle ne sert pas à prendre appui, on peut se prendre les pieds dedans. Si votre médecin vous la conseille, ne soyez pas réticent : c'est un outil, pas un aveu de faiblesse.

Trois règles simples. Elle se tient du côté sain, c'est-à-dire à l'opposé de la jambe douloureuse ou plus faible : on avance la canne en même temps que la jambe qui fait mal. Elle doit être à la bonne hauteur. Et on s'appuie réellement dessus à chaque pas.

Bien régler sa hauteur

Debout, avec vos chaussures habituelles, bras relâché le long du corps : la poignée doit arriver à peu près au niveau du pli du poignet. Trop haute, elle remonte l'épaule et fatigue ; trop basse, elle vous penche en avant. Une canne réglable permet d'ajuster au trou près ; une canne en bois fixe se recoupe à la bonne longueur. Passez à l'officine avec la personne qui l'utilisera : nous faisons le réglage ensemble, en vous regardant marcher quelques pas.

Pensez aussi à l'embout : un caoutchouc lisse ou fendu glisse sur sol mouillé. Il se change pour quelques euros, au bon diamètre de tube.

Canne tripode, rollator, déambulateur : quand passer à autre chose

La canne tripode, qui tient seule debout sur trois pieds, convient mieux lorsqu'un côté du corps est très affaibli, par exemple après un AVC. Le rollator ou le déambulateur, tenu devant soi des deux mains, apporte la stabilité la plus grande lorsque l'équilibre est franchement altéré. Ce choix se discute avec le médecin ou le kinésithérapeute : certaines aides sont prises en charge sur prescription, renseignez-vous auprès de nous avant l'achat.

Des chaussures qui tiennent le pied

Les chaussons ouverts à l'arrière et les mules sont parmi les premières causes de chute à la maison. Préférez un modèle fermé qui maintient le talon, avec un talon large et bas (2 à 3 cm) et une semelle fine, ferme et antidérapante. Et ne marchez pas en chaussettes sur un parquet : des chaussettes à semelle antidérapante sont une alternative pour la nuit. Un pied douloureux (cor, oignon, ongle incarné) fait boiter : faites-le soigner.

Pour le pied :

La maison : les pièges les plus fréquents

Dégagez les passages : fils électriques fixés au mur, pas de meubles bas dans les couloirs. Retirez ou fixez les tapis aux bords relevés et les descentes de lit. Éclairez généreusement, et prévoyez une lumière pour les levers de nuit. Rangez ce qui sert souvent à hauteur de main pour ne pas monter sur une chaise.

Dans la salle de bains, le fond de baignoire ou de douche doit être antidérapant, et une barre d'appui solidement vissée au mur vaut mieux que n'importe quel porte-serviettes, qui n'est pas fait pour supporter votre poids. Un rehausseur de toilettes, qui relève l'assise de 10 à 15 cm, facilite le fait de s'asseoir et de se relever. Un ergothérapeute peut évaluer le logement, et des aides publiques existent pour l'adapter : le portail national pour-les-personnes-agees.gouv.fr ou le CCAS de votre mairie vous orientent.

Pour la salle de bains :

Les médicaments, un facteur qu'on oublie

Somnifères, anxiolytiques, certains traitements de la tension ou du diabète peuvent provoquer somnolence, vertiges ou chute de tension au lever. Le risque augmente avec le nombre de médicaments pris en même temps, surtout à partir de quatre. Ne modifiez jamais un traitement de vous-même, mais apportez-nous la liste complète, y compris ce que vous prenez sans ordonnance : nous repérons les associations à signaler à votre médecin. Et levez-vous toujours en deux temps : asseyez-vous au bord du lit quelques instants avant de vous mettre debout.

Votre médecin peut aussi vous prescrire de la vitamine D : prise régulièrement, elle diminue le risque de fracture en cas de chute.

Bouger, encore et toujours

Moins on marche, plus les muscles fondent et plus l'équilibre se dégrade. L'Assurance Maladie recommande au moins 30 minutes de marche par jour, adaptée à votre état. Des ateliers collectifs de prévention des chutes et la kinésithérapie, sur prescription, travaillent l'équilibre et la force des jambes. Faites aussi vérifier régulièrement votre vue et votre audition.

Apprendre à se relever… avant de tomber

Rester longtemps au sol aggrave les conséquences d'une chute. Entraînez-vous, accompagné, à vous relever : prendre le temps de souffler, vérifier en bougeant bras et jambes qu'on n'est pas blessé, basculer sur le ventre, se mettre à quatre pattes, s'approcher d'un meuble solide et se redresser en s'aidant de la jambe la plus forte, puis s'asseoir. Si vous vivez seul, une téléassistance ou un téléphone portable gardé sur soi permet d'appeler à l'aide.

💡 Si vous ne pouvez pas vous relever ou si vous avez très mal (hanche, poignet, tête), n'insistez pas : appelez le 15 ou le 112, couvrez-vous et attendez les secours. Même si la chute semble sans conséquence, consultez votre médecin si une douleur, un gonflement, un hématome ou un malaise apparaît dans les jours qui suivent. Et parlez-lui de toute chute, même sans blessure : c'est un signal qui mérite un bilan. Ce guide ne remplace pas une consultation.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 1er octobre 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale.

Une question ? Appelez-nous au 03 88 61 03 40 — le conseil est gratuit. Retrouvez aussi nos produits dans l'espace orthopédie.
← Voir tous nos conseils