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Conseils / Santé

Piqûre de moustique : les bons gestes — et le moustique tigre, ici, en Alsace

Relu et validé par Dan Hallel, docteur en pharmacie, pharmacien titulaire de la Pharmacie Vauban (Strasbourg) — mis à jour le 15/08/2026

Une piqûre de moustique est presque toujours bénigne : un bouton, des démangeaisons, et l'affaire est close en quelques jours. Mais deux choses méritent d'être dites — ce qui soulage réellement, et pourquoi le moustique rayé de noir et blanc qui pique en plein après-midi mérite un peu plus d'attention que les autres. Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical.

Les trois gestes qui soulagent

D'abord, laver la zone à l'eau et au savon. Ensuite, appliquer du froid : une compresse fraîche ou une poche de gel sortie du réfrigérateur, toujours enveloppée dans un linge et jamais de la glace à même la peau. Le froid calme la démangeaison bien plus efficacement qu'on ne l'imagine, et c'est gratuit.

Et surtout, troisième geste, qui est en réalité le plus important : ne pas gratter. C'est le grattage, bien davantage que la piqûre elle-même, qui entretient la démangeaison, blesse la peau et ouvre la porte à une surinfection. Chez l'enfant, couper les ongles très court est souvent la mesure la plus efficace de toutes — plus qu'aucun produit.

Un soin apaisant après-piqûre peut aider à passer les premières heures. Demandez-nous conseil selon l'âge : toutes les formules ne conviennent pas au nourrisson, et certaines huiles essentielles sont déconseillées chez le jeune enfant comme pendant la grossesse.

Quand une piqûre doit vous amener à consulter

Quelques situations sortent de l'ordinaire. Une rougeur qui s'étend, devient chaude et douloureuse ou laisse s'écouler du pus signale une surinfection : elle relève du médecin. Une réaction très étendue autour du point de piqûre mérite également un avis. Et toute gêne respiratoire, tout gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge est une urgence : on appelle le 15 sans attendre.

Le moustique tigre est désormais chez nous

Ce n'est plus une affaire de destinations lointaines. Selon l'Agence régionale de santé Grand Est, sept départements de la région sont aujourd'hui colonisés : l'Aube, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, la Marne et la Haute-Marne. Et chez nous, la proportion a de quoi surprendre : dans le Bas-Rhin comme dans le Haut-Rhin, deux tiers de la population réside dans une commune où le moustique tigre est présent.

On le reconnaît sans difficulté : il est petit — environ cinq millimètres —, rayé de noir et de blanc, et il pique surtout en journée, contrairement au moustique commun qui sévit le soir. Un point important, et plutôt rassurant : ce moustique n'est pas infectieux par nature. Il ne peut transmettre la dengue, le chikungunya ou le Zika que s'il a auparavant piqué une personne elle-même infectée.

Le geste le plus efficace tient dans une soucoupe

Le moustique tigre ne vient pas des marais : il naît chez nous, à quelques mètres de l'endroit où il pique, dans de très petites quantités d'eau stagnante. C'est une bonne nouvelle, parce que cela veut dire qu'on peut agir directement.

Une fois par semaine, videz ou supprimez tout ce qui retient l'eau autour de la maison : soucoupes de pots de fleurs, vases, seaux, arrosoirs, jouets oubliés dans le jardin, bâches, pneus usagés — et vérifiez les gouttières. Cinq minutes par semaine valent mieux que n'importe quel produit. Un moustique tigre repéré peut par ailleurs être signalé sur le portail national dédié : le signalement déclenche une enquête et, si nécessaire, une intervention sur place.

Une fièvre au retour de voyage : le réflexe qui compte

Si vous rentrez d'une zone où circulent ces maladies et que vous développez de la fièvre, des douleurs articulaires ou musculaires intenses, des maux de tête, une éruption cutanée ou une conjonctivite, consultez un médecin sans tarder — et dites-lui d'où vous rentrez. Les durées d'incubation donnent l'ordre de grandeur de la période de vigilance : en moyenne 3 à 7 jours pour le chikungunya (de 1 à 12 jours), 4 à 7 jours pour la dengue (de 3 à 14 jours), et de 3 à 14 jours pour le Zika. Notez que 50 à 80 % des personnes infectées par le Zika ne présentent aucun symptôme.

Pourquoi insister là-dessus chez nous ? Parce que le moustique tigre devient porteur en piquant une personne déjà infectée : quelqu'un qui rentre de voyage avec le virus et se fait piquer sur place peut donc, en théorie, être le point de départ d'une transmission locale. C'est précisément ce que la surveillance cherche à éviter — consulter rapidement permet le signalement, l'enquête autour du cas et, si nécessaire, une intervention ciblée. Le réflexe individuel a une portée collective.

Et pour éviter les piqûres ?

C'est un sujet à part entière — choix du répulsif, substance active et concentration, précautions selon l'âge et pendant la grossesse, moustiquaire, et le cas des bracelets anti-moustiques dont l'ANSES déconseille l'usage. Nous l'avons traité dans un guide dédié, à lire juste en dessous.

À la pharmacie :
💡 Un bouton qui s'étend, qui chauffe ou qui suinte, une piqûre chez un nourrisson, une réaction inhabituelle : passez nous voir, on regarde et on vous oriente. Gêne respiratoire ou gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge : appelez le 15 immédiatement. Et si vous rentrez de voyage avec de la fièvre, consultez un médecin en précisant d'où vous revenez. Pharmacie Vauban, 4 rue Tarade à Strasbourg — 03 88 61 03 40.

Contenu informatif rédigé par le pharmacien titulaire à partir des sources officielles citées (faits vérifiés au 15 août 2026). Ce guide ne remplace pas une consultation médicale.

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